La médecine en excès, une menace pour la santé

Le surdiagnostic et le surtraitement, bref, la consommation excessive de soins dans nos pays développés peuvent être une nuisance pour la santé et une menace pour les systèmes de protection sociale. Dans un article de son numéro de septembre 2013, la revue Prescrire nous dit pourquoi.

Pour les médecins français, seulement 72 % de leurs actes sont justifiés

La médecine et ses progrès, avec l’amélioration des conditions de vie, ont contribué à l’allongement de l’espérance de vie et à une meilleure santé dans les populations des pays développés. Mais des études montrent que “davantage de soins n’est pas toujours synonyme de bonne santé“.  Pour preuve, un sondage réalisé en France en 2012 montrait que pour l’ensemble des médecins, seulement 72 % des actes médicaux étaient justifiés et que la demande des patients était la raison des consultations injustifiées. La même année, un autre sondage réalisé en population générale révélait que 3/4 des personnes attendaient des médecins un avis ou un conseil tandis que 28 % pensaient, après une consultation, que celle-ci n’était pas en fait nécessaire. Des données qui semblent donc étrangement concorder.Trop de médecine – Moins c’est mieuxUn constat partagé par d’autres pays car, en 2013, la revue anglaise British Medical Journal a lancé une campagne baptisée “

Too much medicine“ (trop de médecine) pour alerter sur le fait que les surdiagnostics et les surtraitemements représentent une menace pour la santé et les systèmes de protection sociale.De son côté, la revue américaine Journal of the American Medical Association (JAMA) publie régulièrement une série d’articles “Less is More“ (moins c’est mieux) qui vont dans le même sens, en dénonçant le nombre important d’actes inutiles pouvant même être nocifs.Selon la revue Prescrire, “savoir ne pas prescrire, bien prescrire et déprescrire constitue un beau défi à relever avec les patients“.Jesus CardenasSource : Revue Prescrire No 359, septembre 2013.